17 août 2017

Un 15 août sur l'eau

Envie de bouger, 
Assez de voir notre ancre prendre racine, 
Besoin de changer d'air en attendant notre nouveau matériel, 

Telles étaient les données d'entrée de notre réflexion du dimanche. Cependant, tant que la commande du matériel de rechange suite au foudroiement n'est pas bouclée entre les prestaires, les délais bancaires et on en passe, nous devons rester joignables.

Grâce à l'excellent et indispensable guide nautique de la zone (on en reparlera plus tard), nous avions repéré une baie qui semblait remplir toutes les conditions :
- Mouillage isolé mais assez près des villages donc théoriquement connectés au réseau 3G
- Fond de sable à 3/4 mètres 
- Pas trop de piège '' corail'' en chemin. 

Point GPS : 9°35.359'N   79°39.265'O


En effet, la côte Caraïbe du Panama est assez coquine. Des récifs coralliens, voire mêmes des micro îles type cailloux au milieu de nulle part truffent le décor. Cela donne certes un rendu photogénique idéal mais d'un point de vue navigation il faut être vigilant. 
D'autant plus que nous n'avons plus de données de profondeur... Autant dire qu'à certaines heures ce serait comme avancer les yeux bandés sur un terrain miné. Non merci.

Et un sondeur jamais en panne, un
Merci les Karacool pour le prêt 👍

Nous avons donc choisi une belle fin de matinée ensoleillée pour nous déhaler de cette baie de Linton et nous mettre en route pour une poignée de miles vers Playa Blanca. 
Comme son nom l'indique, une, ou plutôt plusieurs, jolies plages de sable blanc dessinent le fond d'une baie sauvage surplombée par une forêt tropicale dense où, ça et là, au gré des vagues une noix de coco a élu domicile en se transformant en cocotier majestueux et en fondant toute une tribu. 



La journée, la belle langue de sable accueille quelques touristes déposés en taxi boat.



En mode Robinson, ils viennent rechercher le calme et la plénitude que cet endroit dégage.
Bon, pour le coup, le plan '' viens chérie, j't'amène sur une plage isolée. On s'ra seuls au monde''. 
C'est raté.
Ti'Amaraa est un peu dans cette anse, ce que la sardine fut au Vieux port de Marseille. On est un peu en plein milieu. 😂
Faut dire qu'avec les hauts fonds de part et d'autre, il faut bien viser pour poser l'ancre. 
On promet, on s' est fait super discrets. Car c'est justement en fin d'après-midi, à l'heure où tous les aventuriers d'un jour sont rentrés dans leur chambres d'hôtels climatisées, que nous en profitons en étant les heureux gardiens de cette baie oubliée. 

Lorsque le soleil s'incline sur la mer vers d'autres latitudes à réchauffer, il nous offre un dernier round en jouant de ces nuances d' éclairages pour colorer le décor à sa manière. Pour une fois, ceux ne sont pas les teintes rougeoyantes du ciel qui font le show. Les feuilles vertes revêtent des couleurs dorées. Les bouquets orangés du flamboyant s'embrasent. Les grains de silice reflètent les rayons déclinants. Si le jour, nous sommes à Playa Blanca. Le soir, elle est Dorada rien que pour nos yeux à jamais curieux de ces beautés naturelles. 
Aucun objectif d'aucun appareil ne peut retranscrire la perception de nos pupilles. 

Plage privée pour balade du soir 😎

Chaque matin, à l'heure où la cafetière glougloute, les pélicans plongent à la recherche de la version iodée de leur petit déjeuner, la chasse des poissons fait bouillonner la surface lisse du mouillage, les oiseaux se réveillent en gazouillant. Pas un bruit à part celui des petites vagues qui viennent à peine rider le sable. 

Peace ❤

Les petites choses de la vie les tout petits riens du quotidien dont on peut ne plus se rendre compte mais qui font que selon la façon dont on les vit, le moment est plaisant et donne envie de sourire. Nous avons tous nos petits riens à nous. Il faut juste en prendre conscience.

Bien entendu, ne venez pas ici en cherchant le bar pour l'happy hour de fin d'après-midi, ni la supérette avec fruits et légumes frais. 
De part et d'autres, quelques petites maisons semblent être en travaux mais elles ressemblent plus à des résidences secondaires de natifs qu'un quelconque projet d'aménagement. Et cela nous paraît préférable pour la préservation de ce site.

Pendant des heures, on peut longer en annexe cette côte oubliée aux dénominations poétiques : isla del Padre, los tres Marías...


Le peu de profondeur impose de se déplacer à la rame à certains moments. Quel meilleur moyen pour partager un bout de vie d'un couple de martin pêcheurs, de tortues, de colibris et nos préférés,les singes hurleurs ? 
Une fois de plus, le temps semble s'être arrêté autour de nous. 



À priori, le week-end tout change. Nombreux sont les touristes à venir passer la journée à grand renfort de sonos, de bateaux moteurs et de jet skis.
Nous serons partis...
C'est l'avantage de notre vie sur l'eau. Nous pouvons choisir la philosophie à travers laquelle nous souhaitons vivre l'instant et le panorama.

13 août 2017

Patience...

Cette jolie œuvre de Mr Dali représente si bien l'âme de notre Ti'Amaraa, notre liberté.
Nous vous l'offrons aujourd'hui pour vous souhaiter un bon dimanche. 


Bientôt les papillons de Ti'Amaraa nous porteront vers de nouveaux horizons.

Les réparations suite au foudroiement ne devraient plus tarder. 
Nous avons hâte de reprendre le cours de notre vie sur l'eau 
Merci à tous pour vos messages 

À très bientôt, 
Promis 

30 juillet 2017

Panamá secret

Lorsque vous vous  baladez le long de la côte Caraïbe du Panama, c'est la végétation luxuriante gorgée d'humidité qui vous accueille de prime abord par ses effluves chlorophyllées et terreuses. 

Nous sommes géographiquement dans un cas particulier de notre planète. Il n'y a en effet jamais eu de jonctions terrestres entre le Panama et la Colombie du fait de cette forêt tropicale hostile. C'est par ailleurs le seul tronçon manquant de la célèbre Panamerica :  la transaméricaine ou « autoroute panaméricaine » qui relie l'ensemble des Amériques.
Une surface du globe 100% Nature Originelle. 



Déjà à Linton Bay, nous sommes quasiment au bout de la route qui rejoint Colon. Autant dire qu'il ne faut pas rater les quelques bus qui poussent jusqu'ici sous peine de rester dormir à Colon ou Panamá City, car même certains taxis refusent de faire le déplacement si loin. Il faut s'organiser par exemple pour faire les avitos. Il est évident que l'on ne se déplace pas pour un paquet de pâtes. 



Si notre contre-temps ''foudre'', nous bloque à Linton Bay pour gérer le dossier avec l'assurance et les prestataires. Nous avons tout de même profité d'un week-end pour nous échapper le long de cette côte. 
C'est donc en mode old school avec notre Nestor définitivement dead et une électronique de nav bipolaire que nous avons levé l'ancre pour accompagner les copains de L'Eclectik 2 vers leur mouillage secret. 
Nos étraves pointent alors sur une grande anse truffée de récifs où la nature a octroyé un petit espace permettant à nos ancres de goûter les fonds. 

À terre, une grande et belle propriété, appelée ici finca, occupe des hectares. Composée champs cultivés , d'élevages d'animaux, de bungalows à louer, ce petit joyau appartient à un riche espagnol basé à Panamá City. Souvent absent, il a confié l'entretien à un couple de colombien et la gestion du personnel et de l'exploitation à une vétérinaire colombienne. 


James, notre chouchou de 5 mois 






La chance a voulu que lors d'un premier passage de Marie et Christophe (L'Eclectik 2), l'équipe ait été ravie d'accueillir à terre des navigateurs de passage, en l'absence du boss et de ses hôtes. 
Gentiment invités par ces derniers à les rejoindre, nous avons donc eu le plaisir de vivre un week-end hors de la civilisation à partager nos repas et discussions autour d'une table internationale. 
Un cata franco-venezuelien, un bateau autrichien, une équipe colombienne... Idéal pour jongler entre français, anglais et espagnol pour l'équipage de Ti'Amaraa autour d'une grillade de bœuf local à faire saliver un vegan. 

Miammmm 😉


Pour une fois, par respect pour la gentillesse et l'hospitalité de nos hôtes, nous ne communiquerons pas le point GPS. 
Pour nous faire pardonner, trois minutes avec nous là-bas, ça vous dit ? 
La vidéo est là 
Ou sur https://vimeo.com/227618032

14 juillet 2017

Hey Zeus!!!


La panne est inévitable, inscrit dans les circonvolutions du cerveau de nos bateaux de voyage. 
Nous sommes plutôt bien lotis depuis plus de trois ans que nous naviguons avec Ti'Amaraa. Nous ne connaissions pas le charme des escales forcées pour raisons techniques. 

Rassurez vous, la nature est bien faite. La vie de voyage est une succession d'aventures. Nous apprenons tous les jours. C'est ainsi que vendredi dernier, nous avons eu un soucis de traduction avec le Zeus panaméen. 

- Hey mec. Quand on disait qu'on allait se plaire ici, on s'est pas compris... On demandait pas forcément le coup de foudre. 



Et pourtant, nous y voilà. Après un week-end à refuser d'y croire et à osciller entre espoir et décollage pour Dingoland, force est de constater que Ti'Amaraa a pris un coup de chaud.
Que faire ?
Rentrer dans une spirale du '' C'est pas d'bol'', "C' est pas not'année". 
Pas notre genre de nous apitoyer sur notre sort. Le voyage doit et va reprendre. 

Alors. ACTION !!! 
Les diagnostics
Les paperasseries
Les visites d'experts

Nous sommes entrés de plein pied dans une danse que nous espérons assez courte tout de même. 

C'est parti. On se relève les manches et on avance assistés par notre concessionnaire Chemins d'Océans, les équipes Raymarine France et Panama et notre assureur. Tous ont répondu présents depuis les premiers jours. Que c'est réconfortant de se sentir épauler ! 

Encore une fois, la vie nous offre de belles rencontres sous le signe de la solidarité entre voyageurs des mers. Merci Pierrick pour tes compétences, ta disponibilité et ton diagnostic sans faille. 

Toujours avec notre politique de la bouteille à moitié pleine, la bonne nouvelle, c'est qu'on va pouvoir debriefer sur ce sujet des orages et des bateaux de voyage.

Merci à tous pour vos messages de soutien. 
Bougez pas. On revient. 
Viiiiiite